
Le Grand Escalier >> Monde Magique >> Reste du monde
| Les Héritiers | ||||||
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PJS de Maelle Winters |
Titre : Re : Les Héritiers
Créé : 22/02/2023 à 22:14:27 - Modifié : 23/02/2023 à 00:59:13
![]() ![]() C'est Camille Dubois, évidement.
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Titre : Re : Les Héritiers
Créé : 23/02/2023 à 11:45:24 Le drap chut ; la maison aurait pu s'écrouler avec lui ou le tableau s'effondrer devant lui que Tanguy n'aurait pas esquissé un seul mouvement de recul. Il s'attendait à ne pas trouver le petit Alexandre, à la vérité ; il n'y avait aucune raison qu'il se fût caché dedans. Cependant, il était à des lieues de concevoir le portrait qui lui fit soudainement face. C'était une apparition. C'était une déesse dans un panneau de bois. C'était un ange adulte dont le regard perçait les cœurs. C'était l'Aphrodite de Botticelli émergeant de l'onde, son sein maternel, et semblant sortir du cadre pour venir prendre la main du sorcier. C'était même, plus précisément, le professeur Dubois dans toute sa majesté et sa glace. Tanguy, les yeux fixés sur le visage du portrait, ne pouvait faire un mouvement, mais il en eu le hoquet. Ses globes oculaires se mouvaient d'eux-mêmes, détaillant la rondeur du visage, l'abondance de la magnifique chevelure, les franches couleurs de la bouche qui rompaient avec la blancheur de la peau. C'était évident : c'était elle ! Il était donc bien chez elle ! Peut-être que quelques détails le dérangeaient : sûrement avait-il en face de lui une Camille Dubois plus jeune que celle qu'il connaissait, à la fleur de son âge. Une voix se fit entendre ; elle semblait sortir de nulle part, mais Tanguy eut l'intuition qu'elle provenait de la femme coincée dans le tableau. Sa sidération était si complète qu'il n'écouta pas les paroles qu'elle lui dit. Car elle ne pouvait s'adresser qu'à lui, bien sûr : si Tanguy ne fit pas le moindre geste pour se retourner et vérifier qu'il était seul, aucun doute ne germait en son esprit. Il vit les lèvres remuer, il entendit une voix, mais rien n'éveilla son cerveau, comme si celui-ci était engourdi. Soudain, le jeune garçon se réveilla. Le charme n'opérait plus. Il détourna les yeux, pour ne pas croiser le regard de la femme peinte. Il savait qu'il retomberait probablement sous sa coupe dès lors qu'il la regarderait à nouveau. Il n'y avait plus qu'une seule solution : remettre le drap en détournant les yeux du portrait. Son esprit ne manqua pas de se maudire lui-même : avec une baguette et un sortilège de lévitation, tout aurait été très rapide. Mais, désarmé comme il l'était, il ne devait son salut qu'à ses bras et la souplesse de ses doigts. Le tableau était très grand, et l'élève désemparé ignorait comment remettre proprement le drap de velours à sa place. Il se pencha pour le ramasser, la terreur faisant fondre ses entrailles, tout en priant pour que sa voix n'emprisonnât pas, elle non plus, son esprit et le peu de lucidité qui lui restait. |
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PJS de Maelle Winters |
Titre : Re : Les Héritiers
Créé : 15/03/2023 à 13:47:37
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Titre : Re : Les Héritiers
Créé : 15/03/2023 à 19:48:08
Il avait retrouvé l'usage de la parole à mesure que le rideau avait gravi le cadre pour retrouver sa place originelle. Sur ses jambes encore frêles et frissonnantes, il s'était relevé sans oser fixer le portrait, bien qu'il eût su que tout danger était éloigné alors. Lentement, ses pieds avait tourné, et ses yeux avaient rencontré un visage si fatidique et si impressionnant qu'il n'avait pas pu se retenir et avait laissé échapper une exclamation de surprise. Le portrait était à nouveau recouvert du lourd drap de velours. Pourtant, Tanguy aurait juré que son portrait s'était transporté hors du cadre pour prendre place dans la réalité, en face de lui. Il eût préféré, d'ailleurs, que ce fût le cas, car, en cet instant, il regrettait déjà la compagnie du portrait et fuyait celle de Camille Dubois qui lui faisait face, terriblement droite dans sa froideur habituelle.
En un éclair, tous les souvenirs lui revinrent. La terrasse parisienne, le soleil, la visite à la grande Clinique magique, Alwena qui lui souriait dans son lit d'hôpital... et, de fait, cette sensation de feu qui s'était emparée de lui sitôt qu'il avait bu quelques gorgées de cette boisson pourtant si répandue dans la capitale française. Cette ombre qui courait sur les toits tandis qu'il chutait de sa chaise et perdait connaissance... Il était donc chez Camille Dubois ? Après les laconiques présentations de son hôte, le Breton comprit aisément pourquoi il avait cru voir dans le portrait la redoutable sorcière. Les deux se ressemblaient terriblement : l'une était charmante, trop charmante ; la seconde était froide, trop froide. Tanguy ne savait pas vraiment que ce que le mot « pire » pouvait revêtir comme signification effective dans la famille Dubois. Il avait pensé que sa fille en était une version pire, mais il semblait qu'elle-même éprouvait un respect mêlé de crainte dans ce mot. Prudent, le Gryffondor se promit de ne plus aborder le sujet de la matriarche française. Un deuxième individu se présenta dans son esprit : le petit portrait, du nom d'Alexandre, qui l'avait fait balader dans toute la maison pour un jeu pour lequel Tanguy éprouvait désormais une honte et un profond dégoût. L'autorité avec laquelle Camille Dubois s'était exprimé le dissuada d'évoquer le sujet. Oh, il avait bien l'habitude de voir l'autorité émaner naturellement de Camille Dubois ; cependant, la situation présente était différente : il n'était pas en position de jouer les insolents - à supposer qu'il le fût jamais devant elle - et le mieux qu'il pouvait faire était de se faire discret et de ne pas provoquer celle qui, bien malgré Tanguy, était devenue son hôte et, ce qui était encore pire, son sauveur. Il pensa également que présenter ses excuses pour son escapade intérieure et sa découverte du portrait, excuses qui eussent pu être bien à-propos alors, le desserviraient probablement : il se tint donc coi, tandis qu'elle l'invitait à s'approcher de son bureau.
Il se souvint en un éclair qu'elle n'était plus membre du personnel du collège écossais, et que, pour cette raison, elle déniait qu'on l'appelât du titre de professeur. Avec n'importe quel autre individu, le Breton n'aurait pas pris la peine de se corriger. Mais il craignait tant l'ancienne directrice de Serpentard qu'il se précipita pour réparer sa faute.
Guindé, il prit place sur la modeste chaise que Camille Dubois lui avait désignée du doigt. Mal à l'aise, il resta quelques secondes sans parler, avant de poser la question qui brûlait ses lèvres depuis ce temps, et qu'il n'avait plus la force de refouler.
La diligence dont elle avait fait, et continuait de faire, preuve, étonnait Tanguy, qui en perdait ses repères. Il n'eût jamais cru que Camille Dubois, la directrice de Serpentard si redoutée jusque parmi ses élèves et au sujet de laquelle circulaient bon nombre de rumeurs toutes aussi noires les unes que les autres, pût héberger un ancienne élève, le sauver et lui offrir l'asile : en un mot, qu'elle fît preuve de charité. Enfin, la douceur dont elle faisait preuve dans ses consignes, douceur relative bien sûr, acheva de désarçonner le Gryffondor. |
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Titre : Re : Les Héritiers
Créé : 15/03/2023 à 21:27:03
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Titre : Re : Les Héritiers
Créé : 15/03/2023 à 22:26:52 L'animagus eut un hoquet de surprise, et se figea sur sa chaise davantage qu'il ne l'était déjà. Il regarda le professeur Dubois avec des yeux ronds :
Tanguy était partagé entre la surprise que représentait l'incongruité de cette phrase, et la fureur de voir que Camille Dubois, la terrible et redoutable mage française, avait osé pénétré dans sa famille. La surprise était en demi-teinte : sa famille, bien que discrète, connaissait nombre de gens et jouissait d'une haute réputation dans son milieu. Famille de sangs-purs et de vieille aristocratie, elle ne tentait pas moins de s'effacer relativement du monde : la dissimulation était son alliée, et le silence son apanage.
Sauf Alwena, pensa le Breton avec une pointe d'amertume ; mais cette dernière disposition avait été prise exceptionnellement de manière à ce que les deux cousins, les derniers de tous, rompissent leur lien fusionnel. Ses grands-parents et ses oncle et tante avaient demandé expressément à ce que la jeune Bretonne fût inscrite dans l'académie pyrénéenne, au grand dam des deux concernés.
Le Breton avait retenu avec peine de grimacer lorsqu'il avait prononcé le nom de la gentilé qui exaspérait les sorciers de province et des régions de France, mais son ton l'avait sûrement trahi. Quelquefois, pourtant, il devait les fréquenter à diverses occasions mondaines ; son parrain, de Normandie, fricotait également avec eux, de même que nombre des amis de leurs parents ; tous n'étaient pas comme ceux dont le Breton venait de parler, comme le duc de Marly, le parrain de son frère cadet, qui possédait pourtant un château dans les forêts occidentales de l'Île-de-France, mais n'en demeurait pas moins un grand ami de la famille, régulièrement invité et éternel compagnon de chasse de son père. Cependant, le professeur Dubois les avait jetés, eux, les Kerleal et les Kerzol, dans le même panier que ces ordures de Parisiens ? Elle le provoquait, l'inverse n'était pas envisageable : si elle avait vraiment rencontré ses parents et ses aïeux, elle aurait senti qu'ils n'étaient pas bavards, comme elle le disait. Ou bien sa magie et sa froideur l'empêchaient peut-être de voir un fond de bien dans les actions d'autrui. Le visage de Tanguy s'était rembruni de méfiance.
Cependant, la curiosité rongeait le Gryffondor. Mentait-elle ? Bluffait-elle lorsqu'elle disait qu'elle avait une idée de l'identité du responsable de ces événements ? L'idée en question était probablement vague, mais elle valait mieux que des questions laissées sans réponses. Il était vrai que la Préfecture traînait dans son enquête, et que le Ministère français, malgré l'appel des aurors bretons ainsi que l'intervention personnelle de son père, qui était connu est estimé là-bas, rechignait à aider sa voisine. Ses yeux trahissaient cette soif de savoir, tandis que ses paroles et son ton tâchaient de dissimuler cette envie. |
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Titre : Re : Les Héritiers
Créé : 22/03/2023 à 23:01:41
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Titre : Re : Les Héritiers
Créé : 23/03/2023 à 16:45:13
S'il l'avait pu, Tanguy aurait fermé les yeux de honte et de dépit. Il avait toujours craint d'être une source de problèmes : voilà que le professeur Dubois fouillait désormais dans ses affaires de famille. Son cœur et son esprit, néanmoins, n'étaient pas en reste : ses ventricules étaient partagés entre le fait de rater des battements et celui d'accélérer le rythme cardiaque, tandis que son ventre se nouait comme encore jamais il ne s'était noué, à un point que Tanguy n'aurait jamais cru possible. Il avait la terrible sensation d'avoir été le berger qui avait fait entrer le loup dans la bergerie ; que son monde, si solidement bâti et résistant depuis des siècles, s'effritait lentement ; que son navire, après avoir affronté les ouragans de Terre-Neuve et esquivé les récifs granitiques de Ouessant sur une mer déchaînée, prenait l'eau simplement en mouillant au port. Il était le cheval de Troie qu'il n'avait pas voulu être. Désormais, il le savait, même sans disposer du troisième œil : la partie devait se jouer avec cet affreux personnage qui souriait tranquillement en face de lui, et dont Tanguy aurait volontiers crevé les yeux. Il n'avait rien appris de ses parents : ils ne lui avaient pas confié que Camille Dubois aux mains enflammées et aux yeux gelés les avait approchés. Une sourde colère montait en lui, et il ne savait pas si la cause était que ses parents le lui eussent caché, ou que l'ancien professeur les eût contactés. Mais Tanguy était loin d'être au bout de ses peines. Il croyait déjà être une bouilloire sur le feu, pleine de vapeur et sous une importante pression, dont l'explosion ne tenait qu'à un fil ; cependant, la suite des paroles de l'ancienne directrice des vipères le conduisit dans un état tel qu'il n'aurait jamais pu l'imaginer. Il explosa :
Les vitres de la pièce éclatèrent en morceaux dans un bruit aigu, tandis que le rideau de velours qui recouvrait le tableau maudit fut légèrement soulevé par une rafale de vent.
Toute crainte s'était envolée dans l'esprit du rouge et or. Désormais, ses prunelles flamboyaient de fureur mêlée à une rage animale qui montait progressivement. Si ses yeux eussent craché des flammes, Camille eût été réduite en cendres sur place. Suffoquant, le Breton ne parvenait même plus à parler. Il s'était levé d'un bond, tandis qu'il avait craché sa colère au professeur. Repoussant le siège d'une seule main, il commença à arpenter la pièce dans sa largeur, à pas précipités. Une furieuse envie de ravager la décoration : livres, bibelots, meubles, l'avait prise, mais il était incapable de toucher à quoi que ce fût. La colère continuait de monter, et, à sa mesure, ses pas accéléraient : ses ronds se faisaient de plus en plus petits, tandis qu'il vociférait en murmurant. Il était toujours incapable de parler : son cerveau bouillonnait, de même que son cœur et son ventre. Il avait l'impression que sa part animale prenait le dessus sur son esprit humain. Pendant un bref instant, sa fureur s'écarta pour laisser place à une ombre de réflexion : Tanguy se demandait s'il ne laisserait pas son animalité prendre le dessus sur sa nature humaine. Il se voyait déjà, transformé en jaguar, bondissant sans autre forme de procès au cou de la sorcière insolente et trancher sa jugulaire. Il voyait le félin lacérer les vêtements puis labourer la chair qui se présenterait à lui ; il se voyait fuir d'un bond, fuyant par les fenêtres brisées et désormais sujettes aux courants d'air, abandonnant un paquet noir abondamment teinté de rouge qui se poursuivait en liquide baignant la forme dans un grand cercle qui s'élargissait. Cependant, mettre en pièce la sorcière maléfique pour sa famille et son pays ne le mettrait pas à l'abri d'une riposte, ni sa famille. Finalement, n'avait-elle pas dit qu'elle n'était pas l'auteur du vol, même indirectement ? Devait-il en conclure qu'elle était dans le même camp que lui ? Lui-même pouvait-il cesser cet enchaînement, ces engrenages que rien ne pouvait enrayer ? L'espace d'un instant, il regretta de n'être pas né dans une famille insignifiante, pauvre et misérable d'Irlande : jamais il n'aurait intéressé personne. Mais la culpabilité le prit aussitôt après : ce pensant, il avait l'impression d'avoir trahi sa famille qu'il aimait tant. Le Gryffondor s'arrêta net, et darda ses prunelles vertes brûlantes sur le professeur. Il plissa les yeux, à mesure que sa colère se muait en glace qui se répandait dans son âme et dans son esprit, et se rapprocha lentement du bureau, sans esquisser le moindre autre mouvement, toujours fixant la sorcière française. Il déclara très froidement :
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Titre : Re : Les Héritiers
Créé : 23/03/2023 à 18:08:35
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Titre : Re : Les Héritiers
Créé : 23/03/2023 à 21:48:03 Le regard mauvais, le garçon esquissa un violent mouvement de la tête, comme pour se débarrasser du contact de la peau des doigts que Camille Dubois avait osé poser contre son menton. Il se sentait souillé. La fureur du Breton était passée : il ne releva même pas l'impertinence et la discourtoisie dont la sorcière fit preuve lorsqu'elle le pria de ne plus ravager son bureau à l'avenir. C'est à peine s'il serrait les dents. Sa hargne était congelée par cet étrange froid qui rongeait son esprit et son âme, ce même froid qu'il avait goûté au contact de la peau de la Française : bien qu'il se sentît parfaitement vivant, il avait la triste impression d'être dans un état second, comme après une importante déflagration. Il n'avait pas quitté des yeux l'ancien professeur de Poudlard, et ses prunelles reflétaient ce je-ne-sais-quoi de vide et de glace qui se mêlait à de nombreuses autres émotions, dont la colère, la fureur et la hargne, dont il faisait preuve tantôt, ne faisait pas partie. L'engourdissement gagna ses membres, mais son esprit était encore vif, et il ne put s'empêcher de riposter sèchement :
Tanguy avait commencé à mettre un nom sur cette glaciation progressive : c'était comme un sentiment de découragement mêlé à la culpabilité d'avoir péché. Sa faute lui semblait toujours devant lui : avait-il commis un crime en cédant devant le professeur Dubois ? Devait-il avoir cédé ? Avait-il seulement cédé ?
Sans cesser de fixer les yeux de Camille, sa tête esquissa un léger mouvement en direction du tableau enchanté. Il ne craignait pas de paraître insolent ou effronté : peu lui chalait désormais la réponse de Camille Dubois.
Poisons, potions, fleurs, médailles, portes secrètes vers de tiers mondes, tableaux-portails, cheminées magiques, grimoires ancestraux étaient autant d'artefacts que renfermaient les propriétés bretonnes des Kerleal et des familles qui leur étaient alliées. Le Breton n'était même pas sûr de tous les connaître. Tous cependant avaient un intérêt pour l'usage d'un sorcier peu scrupuleux ; la plupart de ces objets étaient des concentrés de vieilles magies, runique ou celtique, rares mais difficile à utiliser lorsqu'on n'était pas initié à les manipuler. Le Gryffondor ne ferait tout de même pas l'inventaire des biens magiques que sa famille tenait en sa possession : c'était aussi ridicule que d'imaginer un hippogriffe vivre sous terre.
Il pensait à ses parents : eux n'avaient pas vendu la mèche ; l'animagus serait-il le maillon faible de la famille ? Cette seule pensée le désespéra. |
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Titre : Re : Les Héritiers
Créé : 23/03/2023 à 23:11:31
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Titre : Re : Les Héritiers
Créé : 24/03/2023 à 15:00:03 - Modifié : 27/03/2023 à 21:57:01 Le Gryffondor ne cillait pas pendant les explications que lui livrait l'ancienne directrice des Vert et argent : elles lui semblaient bancales, capillotractées et invraisemblables ; que pouvaient donc bien chercher des Russes en Bretagne, à l'autre bout de l'Europe pour eux ? Il y avait tant de fleuves à traverser pour rallier les steppes eurasiennes aux forêts bretonnes ! Il ne savait plus que penser. On lui parlait d'intérêts : il était évident que les leurs contrecarraient ceux de l'impatiente sorcière française, autrement elle ne se fût pas intéressée au cambriolage chez les Kerzol. Peut-être qu'elle aussi aurait bien aimé y faire effraction : ce que les uns cherchaient était sûrement convoité par l'autre. La question qui demeurait en suspens était celle de la nuisibilité que revêtait l'objet si convoité. Tanguy n'était pas ravi à l'idée de le livrer à Camille Dubois, d'une part parce qu'il ne savait même pas ce dont il s'agissait, d'autre part parce qu'accorder à une sorcière peu nette un objet peu net était un cocktail dont on avait plutôt intérêt à se méfier. Qu'osait-il donc penser là ? Bien sûr qu'il ne serait pas le traître qui sacrifierait la protection de sa famille pour un artefact magique. Les poings serrés, posés sur le rebord du bureau devant lui, il s'appuya sur ses bras, et lâcha laconiquement :
Puis il se redressa, essayant de toiser celle qui devenait une de ses plus grandes craintes. Sa bouche s'était murée, accordant à son visage une expression butée et fermée. Curieusement, celle qui commençait à devenir sa plus grande crainte ne l'impressionnait pas encore, dans ce bureau si imprégné de magie française. Par l'explosion des fenêtres lors de son accès de fureur, le Breton avait presque eu l'impression qu'il avait pris le dessus : il lui semblait que Camille Dubois avait été vulnérable, le temps d'un instant. Les fenêtres volées en éclat lui étaient une prédiction future sur l'avenir de la sorcière : il espérait fortement qu'elle finisse comme les petits bouts de verre que Camille avait promptement rassemblé. Il déclara enfin qu'il souhaitait quitter la demeure. Le professeur Dubois le raccompagna jusqu'à la chambre de laquelle il était parti. En chemin, il craignait de voir surgir dans chaque cadre le portrait du petit garçon, qui, finalement, était une cause, mineure certes, mais une cause néanmoins, de ces désagréments. Peut-être Camille aurait-elle été moins cassante s'il ne s'était pas retrouvée dans son bureau, envoûté par le portrait de sa mère ? Peut-être aurait-elle été compatissante, ou du moins compréhensive - s'il eût fallu qu'elle fît jamais preuve d'un soupçon d'émotion humaine - s'il était resté sagement dans sa chambre ? Il ne pouvait plus le prédire à présent. Tandis qu'il saisissait sa baguette et ses quelques autres affaires qu'il portait sur lui le jour de cet empoisonnement en terrasse, il songea, avec amertume, qu'il se sentait bien seul et bien faible pour le fardeau qui s'abattait sur lui, et que le destin n'était pas coopératif dans la juste répartition des événements, surtout ceux néfastes. *
Dans l'obscurité, des doigts se promenaient sur les meubles. La poussière séculaire qui reposait sur certains d'entre eux chutait dans un silence que rien ne troublait, hormis le faible bruissement d'une respiration humaine. Tanguy, enveloppé dans sa robe de chambre, les yeux brillants à la lumière de la lune, rasait les murs autant que les imposants meubles le lui permettaient. Tout le monde était endormi. Ses chaussons glissèrent sur le parquet qu'il avait auparavant stabilisé avec sa baguette, de peur que les grincements des planches sous le poids du sorcier ne réveillassent les occupants du château. Il connaissait la plupart des objets. Les paroles de la sorcière française dont il avait dû affronter le regard et la magie quelques semaines plus tôt n'avaient pas quitté son esprit depuis. Durant tous ces jours, il avait été tiraillé entre ces deux attitudes : se plier aux désirs de Camille Dubois et protéger leurs châteaux et sa famille dont le prix était la divulgation de certains de leur secret de famille ; ou bien rester ferme et loyal envers ses parents et ses aïeux en refusant toute intrusion étrangère dans le quotidien feutré et prestigieux des familles bretonnes. L'inactivité de la Préfecture l'avait décidé : rien n'avait été trouvé, et l'affaire avait été enterrée. Le sujet n'était pas abordé entre les membres de la famille, du moins entre les générations : cependant, le corsaire sentait que la fébrilité avait gagné ses parents et les autres membres de sa famille depuis cet épisode. Il ne reconnaissait même plus son frère aîné, l'héritier de tout ce monde en qualité de fils aîné du fils aîné ; Brieuc passait désormais la plupart de son temps entre le Parlement, siège de la Préfecture, et le Ministère français. Il avait déserté le manoir de Dol pour s'établir dans l'hôtel particulier de la famille à Rennes, sur la place devant le Parlement. Tanguy le soupçonnait de poursuivre officieusement l'enquête, malgré les consignes et avertissements donnés par leurs grands-parents. Tanguy, lui, s'était fendu d'une missive désespérée au Ministre de la Magie britannique, Opale Tal Moundine, qu'il savait avoir été chef des aurors en son temps, lors de ses années médianes de scolarisation à Poudlard. Il l'avait priée de l'aider, en toute discrétion : il avait plus ou moins entendu dire qu'elle avait déjà surveillé de près l'ancienne directrice de Serpentard, lors du Tournoi du Dragon. Sa réponse se faisait attendre, et le Gryffondor prenait son mal en patience. Il avait, pendant des jours et des jours, retourné les mots de Dubois dans sa tête. Il ne savait sur quel pied danser. Une chose était sûre : sa curiosité s'en était trouvé piquée, et il avait décidé de mener lui aussi sa propre enquête, à sa mesure ; il ne disposait pas des moyens d'un Ministère, seulement de sa baguette et de son cerveau. Il avait passé en revu, pendant ces mois, l'inventaire des objets dont on lui avait déjà parlé. Cependant, il savait que certains d'entre eux constituaient un secret que seuls les aînés de la famille disposaient. Son père en faisait partie, Tanguy en était certain. Avec les événements récents, il ne doutait pas que Brieuc fût aussi mis au courant, d'autant que son âge avancé faisait de lui un homme accompli, un sorcier adulte. Il avait donc épié sans en avoir l'air les allées et venues de ces personnages durant les vacances de Noël, et avait remarqué qu'ils passaient beaucoup de temps dans un petit couloir, derrière la bibliothèque et le petit salon. Le Gryffondor ignorait tout de ce qu'ils pouvaient manigancer : à chaque fois qu'il se rendait dans cet endroit, celui-ci avait l'air parfaitement normal : un simple couloir parqueté aux lambris foncés par le temps et recouverts par des tableaux du Grand siècle. Sa frustration était à la hauteur de sa curiosité : sitôt qu'il en avait l'occasion, tout en faussant compagnie à ses cousins dès qu'il y pensait, il se ruait dans le fameux couloir pour y déceler une trace quelconque. Malheureusement, à chaque fois, le même spectacle s'offrait à lui. Tanguy passait désormais même ses nuits à fouiller : durant les longues heures à scruter dans le noir, à l'aide de la lumière de sa baguette, les lambris et les moindres petits détails dans les tableaux, il observait avec minutie et inspectait le couloir, centimètre par centimètre, dans l'espoir de dénicher un passage, un indice. En parallèle, il s'était procuré un vieux grimoire dans les archives de la famille, qu'il était allé ramasser dans une vieille étagère. Il avait osé demander à sa grand-mère, qui, les yeux pétillants, ne s'était probablement pas mépris sur le geste du sixième année : mais il savait qu'elle ne dirait pas un mot de ses recherches - c'était d'ailleurs la raison pour laquelle il s'était dirigé vers elle. Chaque soir, dans sa chambre, il le tirait de dessous son lit, sa cachette diurne, pour lire les aventures de s ancêtres Kerzol, afin de percer les secrets les plus insolubles et les occultes de sa famille. *
Le craquement du transplanage de Tanguy fut bienheureusement masqué par le klaxon retentissant d'un autobus parisien de couleur jade. Sans prêter attention à la scène de dispute qui naissait entre le chauffeur et le motard, Tanguy s'enveloppa dans sa cape de sorcier noire et passa sous le tunnel du périphérique parisien. La porte de Montmartre était une des sorties les plus discrètes de la capitale, blottie entre l'anneau autoroutier et le quartier homonyme, réputé pour sa vie de village et ses artistes, au nord de Paris. Le Gryffondor bifurqua sur la droite et longea le talus vert qui supportait la chaussée, plusieurs mètres plus en hauteur, d'où s'échappaient les bruits pétaradants des automobiles et autres engins motorisés moldus. Pour autant, la rue dans laquelle il s'était engagé était déserte. Seule stationnait une petite camionnette de livraison au coin avec le boulevard de la porte : les moldus n'étaient pas sereins pour s'engager dans cette artère mince et vide qui ne payait pas de mine. De fait, les vieux bâtiments qui s'étendaient de l'autre côté, en face du talus, était sales, noirs, obscurcis par le temps ou bien recouverts de tags et de graffitis multicolores. Une voiture passa. Le Malouin s'arrêta devant une des constructions délabrées, alignée aux autres. Il regarda furtivement à droite et à gauche, pour s'assurer du coin de l'œil qu'aucun moldu ne fût présent dans la petite rue. Puis il regarda l'interphone miteux qui était accroché au droit de la porte. Des fils en pendaient, mais ce n'était pas ce qui intéressait Tanguy : le sorcier saisit de sa main gauche le seul bouton noir restant, et le fit rouler. Un bruit de mur écroulé se fit entendre, la poussière fut soulevée un bref instant : quand elle retomba, la rue était vide. Ce n'était pas le cas de la grande esplanade ensoleillée devant laquelle se trouvait désormais l'élève de la maison du courage : de nombreux bruits, sources de cris, de conversations diffuses et de tractations diverses s'élevaient de l'immense halle en fer forgé qui s'étendait quelques mètres devant lui. Sous la construction dénuée de portes et de fenêtres, finement ouvragée et ciselée d'un bronze que le passage du temps avait colorié de vert pâle, une multitude de sorciers, chapeaux pointus vissés sur le crâne, s'affairaient autour d'échoppes informelles, dont certaines ne tenaient que par magie. Plusieurs vendeurs exposaient même leurs produits à même le sol. Des semblants d'allées grevaient ce ramassis diffus de commerçants tous plus louches les uns que les autres, en s'enfonçant au cœur de la bête commerciale, qui semblaient avaler sans fin les clients qui avançaient vers l'intérieur du gigantesque marché. Tanguy avait donné rendez-vous à Camille Dubois aux puces magiques de Saint-Ouen. C'était un endroit qui n'était pas fréquenté par des gens respectables, mais toute famille ayant de l'importance sur l'ouest du continent avait dû, un jour ou l'autre, se rendre dans ce lieu pour satisfaire ses désirs. Le fond du marché était connu pour abriter de sombres formes de magie noire : le Gryffondor ne s'y était jamais rendu, mais l'idée ne l'avait pas traversé. Il se contentait de rester parmi les commerçants qu'il connaissait le mieux, ceux avec qui sa famille traitait légalement depuis de très nombreuses années. Le Ministère français tolérait cet endroit, comme le Ministère britannique tolérait l'Allée des Embrumes, sous couvert d'une discipline acceptée, de bonne ou de mauvaise grâce, par les commerçants et les clients. Après tout, la plupart des vendeurs étaient d'honnêtes gens, qui avaient préféré s'installer là en raison de leurs marchandises effrayantes, plutôt qu'à la Place cachée, située de l'autre côté du périphérique, à Montmartre, qui accueillait davantage des boutiques de vêtements ou des terrasses. Cette pensée eut pour effet de contracter légèrement la joue du jeune sorcier. L'une de ces terrasses avait été le théâtre de son empoisonnement. Cet épisode l'avait considérablement refroidi quant à la sécurité des lieux : d'ailleurs, il n'avait plus pris un seul verre de bièraubeurre à Paris depuis. L'animagus ne doutait pas que Camille Dubois connût le lieu. C'est pourquoi il avança, et se rangea contre un des piliers qui supportait la structure métallique, le pied contre la base élargie du poteau, les bras croisés, le chapeau baissé sur ses yeux. L'anonymat était de règle aux puces de Saint-Ouen. |
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PJS de Maelle Winters |
Titre : Re : Les Héritiers
Créé : 28/03/2023 à 23:52:58
![]() ![]() C'est Camille Dubois, évidement.
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Joueur de Quidditch ![]() ![]() 6e année
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Titre : Re : Les Héritiers
Créé : 29/03/2023 à 19:43:09 Les yeux perçants de Tanguy fouillaient la halle et le parvis à la recherche de cette silhouette si douloureusement familière. Depuis qu'il se métamorphosait régulièrement en jaguar, le garçon avait gagné en acuité visuelle, et il mettait à profit cet avantage, gagné à si bon compte. Néanmoins, il ne vit pas la sorcière qu'il attendait arriver : il sursauta lorsqu'elle susurra à son oreille. Décontenancé, il se raidit tout en faisant face à la Française qui souriait. Malgré sa surprise, aucun mot ne lui avait échappé : il avait l'impression désagréable qu'un cube de glace descendait dans son estomac à mesure qu'il comprenait les paroles de Camille Dubois. Il déglutit avec peine, puis il osa dire, presque par politesse automatique tant il était pétrifié devant elle :
L'ancienne directrice des Serpentard n'était présente que depuis quelques minutes, et pourtant l'envie de l'abandonner sur place travaillait déjà Tanguy, à qui elle paraissait odieuse. Parler d'« arrangement » ! Comment osait-elle ? Il n'avait pas encore donné son accord pour collaborer avec cette engeance féminine. Ses yeux verts couraient sur le visage de la sorcière, tandis que ses mâchoires se contractaient d'agacement.
Le Gryffondor fit volte-face, et sa cape noire enfla derrière lui. Sans jeter un regard en arrière, il traversa le parvis ensoleillé et se dirigea à pas décidés vers la galerie d'échoppes, ou commerces, qui s'étendaient de part et d'autres de l'entrée magique du marché aux puces. L'un d'eux retint son attention, et ses pieds l'y portèrent sans hésitation. Un verre bleu ciel qui bronzait au soleil, tandis que sa soucoupe essayait de se tirer de dessous son pied, était son enseigne. Tanguy leva la main vers le haut de la façade sur laquelle était inscrite, en lettres recouvertes d'une vieille peinture d'un vert sapin défraîchi :
Sans ménagement, l'élève de sixième année grimpa sur l'estrade de bois qui s'élevait de quelques centimètres au-dessus du sol, et gagna une table ronde qui reposait, seule, au fond de la terrasse, cernée par deux chaises. Il s'assit sur l'une d'elles, désignant l'autre à la sorcière. Une fois que le serveur fut passé pour recevoir leur commande, le Gryffondor se décida enfin à parler.
Il avait commencé à s'exprimer en français. Mais un rapide coup d'œil autour de lui - la terrasse n'était pas déserte - l'amena à changer de langue, et il répéta sa phrase en anglais, tandis qu'une rougeur montait à ses joues. La timidité et la crainte le gagnait, à mesure qu'il fixait le visage de la Dubois, dont il détourna bien vite les yeux : passé un certain stade, il n'était plus capable de soutenir le regard de la terrible sorcière aux mains pyrophores. A nouveau, il tira sur son chapeau pointu pour l'abaisser davantage devant son front. Pendant un bref moment, aucun son ne sortit de sa bouche. L'animagus ignorait si la raison était sa timidité ou sa recherche des mots justes. Puis, soudain, le regard vif et brûlant, il regarda à nouveau les prunelles de son interlocutrice :
Il avait traîné sur le dernier mot, pour insister sur son propos. Il en avait, des informations à donner ; mais la personne en face de lui était-elle vraiment dans le meilleur camp ? Si tel était le cas, elle aurait à le prouver. |
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PJS de Maelle Winters |
Titre : Re : Les Héritiers
Créé : 02/04/2023 à 21:41:55
![]() ![]() C'est Camille Dubois, évidement.
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Joueur de Quidditch ![]() ![]() 6e année
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Titre : Re : Les Héritiers
Créé : 03/04/2023 à 18:30:52 La sorcière se contenta d'abord de lui rappeler que changer de langue ne lui semblait pas très utile, et lui recommanda alors la magie. Tanguy sentit une brève rougeur lui monter aux joues : il se sentait stupide de n'avoir pas songé à user du sortilège d'impassibilité, qui, de fait, s'avèrerait nettement plus efficace qu'une simple expression orale anglaise. Il remua dans sa chaise tout en fuyant le regard de celle qui brandit sa baguette et prononça rapidement la formule du sortilège. Un sourire figé, dénué de toute chaleur, apparut sur le visage du Breton lorsqu'elle évoqua ironiquement la raison de sa présence dans le manoir Dubois, quelques semaines plus tôt. Il était partagé entre l'amusement et la vexation, mais sa crainte prit le dessus et balaya les deux émotions : rien d'autre ne pouvait s'exprimer chez un interlocuteur de Camille Dubois, pensa le Gryffondor. Elle devait bien s'ennuyer dans ses dialogues, si l'ambition, la peur et le dédain imprégnaient chaque phrase qui la liait à un autre sorcier. La sorcière, dont il pensait de plus en plus qu'il s'agissait d'une mage noire - à défaut d'être une mage de glace, tant elle semblait refroidir les environs, jusqu'aux êtres mêmes de chair - jouait sur un sentiment trine : un caractère froid, exprimé dans tout son êtres par sa peau blafarde, sa pupille gelée et sa voix froide, et qui trouvait son expression dans ces trois impressions différentes vécues par ceux qui avaient le malheur de croiser son chemin. Tanguy était de ceux-là : il ne pouvait s'empêcher de la comparer à une sorte de détraqueur de la glace : Camille Dubois n'apportait pas avec elle le désespoir (et encore, c'était à réfléchir) : elle glaçait les autres, qui se figeaient comme si elle prenait le contrôle de leurs membres et du moindre muscle, jusqu'au plus petit situé aux commissures des lèvres ou derrière l'iris, empêchant de sourire ou de regarder à son aise. Il n'avait pas pu se lever de sa terrasse parisienne lorsqu'elle était venue à sa rencontre ; il n'avait pas osé quitter le bureau dans son accès de rage ; et voilà que désormais il se retrouvait à nouveau en face d'elle, attablé, comme attaché à sa chaise, rongé par cet improbable mélange de curiosité, de crainte et d'aversion. Comme l'ancien professeur but son verre, qui contenait la même poudre que celle qu'elle avait jetée dans son propre verre, le Gryffondor saisit le pied et absorba quelques gorgées. Après tout, même si elle avait pris un antidote au préalable, il la savait suffisamment intelligente pour ne pas risquer de l'empoisonner dans un lieu pareil : d'une part elle avait besoin d'elle, d'autre part cet événement attirerait l'attention sur elle. Tout en regardant la halle qui ne s'était pas vidée de ses sorciers, Tanguy écoutait Dubois. Il ne savait que penser de ce récit : il se doutait qu'elle ne racontait pas n'importe quelle histoire, car bonimenter n'était pas dans ses cordes. Cependant, son esprit tâchait de s'accrocher à ses paroles, mais n'y parvenait pas : l'animagus avait la désagréable sensation de flotter. Le récit était aussi concret que vague. En son for intérieur, Tanguy se demandait de qui elle pouvait bien parler. Qui était le petit frère ? Qui était la sorcière ? Qui étaient ces moldus ?
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PJS de Maelle Winters |
Titre : Re : Les Héritiers
Créé : 11/04/2023 à 19:50:16
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Joueur de Quidditch ![]() ![]() 6e année
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Titre : Re : Les Héritiers
Créé : 22/04/2023 à 19:36:52 La crainte que lui inspirait le professeur Dubois était toujours vive, mais ses paroles ne manquèrent pas, malgré lui, de faire se lever les yeux du Malouin au ciel. Il songea qu'il n'aurait jamais imaginé qu'existât plus buté que lui : et pourtant, l'obstination semblait être incarnée en la personne qui se trouvait en face d'elle à l'instant présent.
Jamais les chasses aux sorcières, que le Breton avait apprises à Poudlard et qui avaient sévi tant sur le Vieux continent que dans le Nouveau monde, n'avaient été abordées dans sa famille : on ne trouvait pas la moindre trace d'un quelconque événement historique de cette nature dans son monde celte, quelle qu'était la demeure. D'ailleurs, il savait que les Moldus de son pays connaissait un peu l'histoire de la magie : les histoires d'Arthur, de Morgane, d'Avalon leur étaient familières. Pour Tanguy, c'était comme si les élèves londoniens connaissaient l'existence de Poudlard, finalement, ou des quatre fondateurs. Il était partisan d'une imperméabilité entre les deux mondes, sans aucune hésitation : il ne voyait néanmoins aucun mal à ce qu'une partie de leur histoire fût commune, ou apprise par l'autre monde. Dès lors que Moldus et sorciers vivaient parallèlement, les premiers ignorant la nature des seconds, aucun désagrément ne pouvait rompre cet équilibre. Aussi, les propos de l'ancienne directrice de Serpentard lui semblaient outrageusement exagérés.
Le Gryffondor se rappelait, en effet, la lueur étrange qui jaillissait dans les prunelles de ses aïeux toujours vivants chaque fois qu'ils racontaient une histoire qui s'était tenue à cette époque-là. Et les affaires de Grindelwald à Paris n'en étaient pas la seule raison. Tanguy ne s'était jamais enquis jusqu-là de précisions, mais il s'était toujours demandé pourquoi personne, dans la famille, n'avait mis les pieds dans leur hôtel de Versailles pendant cette période, qui couvrait, d'après ses souvenirs, la première moitié de la décennie. Il le savait d'autant plus que même dans les albums photo de la famille, l'hôtel ne figurait pas, comme si la famille avait choisi de le déserter durant cette période. Pourtant, Versailles restait à une bonne trentaine de kilomètres de la capitale française, donc tout autant des agissements du tristement célèbre mage noir. Soudain, une bribe de conversation lui revint à l'esprit. Il leva un sourcil, peu certain de ce qu'une petite voix soufflait dans sa tête. Il plissa les yeux de curiosité, fixant les prunelles de son interlocutrice, puis se décida à lâcher rapidement, comme si les mots brûlaient ses lèvres :
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PJS de Maelle Winters |
Titre : Re : Les Héritiers
Créé : 24/04/2023 à 22:22:50
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Joueur de Quidditch ![]() ![]() 6e année
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Titre : Re : Les Héritiers
Créé : 25/04/2023 à 13:15:03 Un silence accueillit les paroles de la terrible sorcière. Tanguy fixa un instant les prunelles sombres et glacées de Camille, puis les détourna, tandis que son esprit méditait ce qu'elle avait fini d'affirmer. Il ne savait que penser : ses dernières paroles avaient fini de le désorienter. Les moldus n'avaient jamais constitué une source de souci pour le Breton comme pour son entourage, ce qui ne semblait pas avoir été le cas de celle qui se trouvait en face de lui. Les sorciers lui semblaient cependant bien plus puissants que les moldus. Qu'avaient-ils à craindre, en effet ? N'importe lequel de leur stratagème trouvait une parade dans la magie que les sorciers exerçaient. Dans son esprit, Camille Dubois lui semblait nettement plus menaçante que leurs métayers qui s'occupaient de la culture de leur domaine. Ces pauvres gens avec leur fourche, leur drôles de véhicules montés sur de grosses roues noires et leur visage buriné par le vent et la pluie qui avaient façonné leur visage, le Gryffondor les voyait mal se ruer vers son manoir, franchir les protections magiques à l'aide de leur technologie, les suivre dans leur transplanage d'urgence, tandis qu'ils ne pourraient pas rebâtir par de simples sortilèges leur demeure qui nécessairement souffrirait de cette violation de domicile. Tout cela était définitivement absurde : les sorciers étaient de beaucoup supérieurs aux moldus. Et pourtant, l'ancienne directrice de Serpentard lui proposait jusqu'à partager ses souvenirs ! S'il s'était agi d'une autre personne, normale, Tanguy se serait senti très flatté ; son état d'âme était tout autre, à cette heure. Il n'oubliait pas que se tenait en face de lui une sorcière sur le compte de laquelle couraient les rumeurs les plus folles et les plus obscures. Il prit le temps de finir son verre. Le professeur Dubois lui avait proposé de montrer ses propres souvenirs. Que signifiait cette parole ? Etait-elle legilimens ? Ou bien userait-elle d'une magie noire, qui d'aventure causerait des dommages chez le Malouin ? Cependant, tandis que sa prudence l'enjoignait de répondre par la négative, sa curiosité, d'un autre côté, lui soufflait d'accepter. Qu'avait-elle donc de décisif à lui montrer ? Etait-ce en rapport avec les Moldus ? Lui montrerait-elle la cause de ce dégoût pour les humains dénués de pouvoir magique ? Sa main posa délicatement le verre sur la table, dans un faible tintement. Les yeux de l'animagus recroisèrent ceux qui n'avaient cessé de le fixer. Une boule s'était formée au creux de son ventre, mais elle était modeste comparée aux battements de son cœur et à l'excitation qui l'envahissait. Précipitamment, il répondit donc :
Et, dans un mouvement instinctif, il plongea sa main droite dans la poche de sa cape, pour sentir le bois de sa baguette. Simple précaution. |
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